Affichage des articles dont le libellé est états humains. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est états humains. Afficher tous les articles

3 mars 2011

TROMPER CE BLOGUE; TROMPER LE SILENCE.

Puisque ma tête n'arrive pas à me servir les mots justes pour vous parler des derniers albums de Radiohead, PJ Harvey et Lykke Li; j'ai décidé de les laisser mijoter encore un peu...


Et contre toutes attentes, c'est le film Tromper Le Silence de la réalisatrice québécoise Julie Hivon qui me sort de mon mutisme aujourd'hui. J'ai assisté à la projection du deuxième long-métrage de la réalisatrice hier à la Cinémathèque Québécoise. Mme Hivon y assistait également afin de répondre aux questions de l'auditoire après la représentation.


Le film met en vedette Suzanne Clément et Maxime Dumontier. Nous avions eu la chance de voir ce dernier, deux ans plus tôt, dans le drame psychologique Tout est Parfait d'Yves-Christian Fournier. J'ai été étonnée par la transformation du comédien qui laisse définitivement derrière lui son casting d'adolescent. Guillaume, le jeune homme qu'il incarne dans Tromper le Silence est à la fois blessé et tourmenté, comme l'était son personnage de Josh dans Tout est Parfait.

Suzanne Clément y interprète Vivianne, une jeune photographe hantée par l'absence de son frère, qui refuse de la voir depuis qu'elle a publié un portrait de lui sans son consentement. Lorsqu'elle rencontre Guillaume, il lui rappelle son frère et elle décide d'entreprendre un projet photographique en l'utilisant comme modèle. Les deux solitudes s'ouvriront l'un à l'autre et découvriront les démons auxquels chacun d'eux est confronté.

Pas un mot de plus sur le synopsis du film et vous suggère de vous tenir loin de la bande-annonce qui à mon avis en dit trop (comme plusieurs autres bandes-annonces d'ailleurs).


Ce film, bien qu'imparfait, a su me captiver et m'émouvoir. Le jeu de Suzanne Clément est crédible du début à la fin et celui de Maxime Dumontier l'est, la plupart du temps. Les autres comédiens (Sophie Cadieux, Sébastien Huberdeau, Claude Prégent, Pascale Montpetit et Thomas Lalonde) réussissent eux aussi à nous ébranler par moment.

Du côté technique, j'ai particulièrement aimé les retours en arrière (flashback), où l'image et le son sont volontairement désynchronisés. Le traitement de l'image lors de ces bribes passées nous permet de faire la distinction entre le présent et le passé, bien que l'apparence des comédiens n'ait pratiquement pas été modifiée.

Les superbes photos de Vivianne présentées à l'écran sont en fait celles de la photographe Claudine Sauvé, également responsable de la direction photo pour le film.

Un film humble et sensible qui semble avoir comme principal objectif de toucher l'auditoire... J'ai versé plus d'une larme alors j'ajouterai; mission accomplie.

15 févr. 2010

LE BORDEL.

Rompre avec un/une complice musical(e), c'est foutre le bordel entre ses deux tympans.

On évite nos hits. On appréhende certains shows. On se rappelle ces nuits où la musique n'avait rien d'électrique. On ré-apprivoise les textes, le sens. On s'empresse de s'approprier de nouvelles découvertes. On refait l'histoire, à court terme, en attendant le printemps (voire l'été, l'automne, l'hiver).

Un nouveau road trip qui commence; une nouvelle trame sonore qui s'inscrit.


1 févr. 2010

USED TO BE.

Le dernier album de Beach House est particulièrement troublant pour moi ces jours-ci. C'est une question de mots; de symbiose musicale.

Lorsque j'apprivoise un album, l'écoute évolue à travers quelques phases plus ou moins définies. Le premier stade est celui du son, de la mélodie; jumelés à la voix. C'est ce qui m'accroche, souvent par un courant fort de sensibilité ou d'euphorie, ça me prend une drive. Le deuxième, c'est le texte, le sens; le choix des mots. Le troisième et dernier stade n'existe pas réellement, c'est la combinaison des deux précédents; qui peuvent toutefois garder leur entité propre. Tout ça pour dire que Used To Be qui figure sur le dernier album de Beach House est parfaite pour moi; là.

J'ai vu qu'elle existe en deux versions où les vers finaux diffèrent. Vous trouverez-ci dessous 3 vidéos de la pièces, toutes bonnes dans les yeux et dans les oreilles.


Le vidéoclip officiel, probablement tiré du single de 2008 (la version sur Teen Dream n'est pas exactement la même)


Version acoustique - à la manière blogothèque


Version live - SXSW


31 janv. 2010

DUMAS; MÉLOMANIE SOLITAIRE.


Je suis allée voir Dumas, en vain, après avoir hésité longuement. J'étouffais ici et ne supportais pas d'y être seule. J'ai pris quelques trucs impulsivement et j'ai quitté pour Joliette. Je suis arrivée en retard, je n'ai pas vu l'introduction. Le placier a pris soin de m'accompagner jusqu'à la place indiquée sur mon billet estampé d'un rouge duplicata. Dumas entamait alors Je ne sais pas; et moi non plus, je n'en savais trop rien.

J'étais seule à la table, à côté d'un quatuor féminin particulièrement festif, j'ai tenté avec mal de m'imprégner de cet esprit. J'aurais voulu que tu sois là pour voir les dorures de la salle Roland-Brunelle, sur fond turquoise. Sous ses airs solennels se cache une ambiance chaleureuse sans cesse renouvelée.

Dumas était beau. Dans sa façon d'être heureux. Dans sa façon gamine de s'amuser sur scène, de faire participer le public, d'alimenter l'exaltation et le calme; la joie et la tristesse. Sa musique ne m'a jamais semblé aussi mélancolique. Ses mots ne m'ont jamais autant atteint. «Le bonheur revient, le bonheur repart, l'amour revient; repart», «Quelque part, notre vie est en retard, quelqu'un t'attend, quelqu'un d'autre que moi, quelque part», «En Liaison passagère, nos trajectoires divergentes, le doute et la tristesse, la vie et nous deux perdus dans le cosmos» et le Linoléum, que je retranscrirais en entier.

Je me suis sentie coupable d'entendre et de voir tout ça sans toi. J'aurais voulu que tu puisses m'accompagner malgré tout; cet autre billet était pour toi. J'imaginais tes commentaires à propos des projections en arrière-plan, à propos des animations sur cette toile circulaire.


Nous n'avons jamais écouté Dumas ensemble, si ma mémoire est bonne. Nous n'en avons même jamais réellement parlé. Je crois que tu aurais aimé; l'approche, l'intimité, le rythme. Même si Dumas fait parfois écho à musique populaire, t'aurais su apprécier la complexité et les subtilités de son dernier disque; Traces.

Caroline m'a rejoint par surprise pour la dernière; Passer à l'Ouest. Dumas a chanté les dernières lignes sans micro, «Ensemble, parmi des milliards, de la naissance à la mort, seuls devant, face à l'inconnu, pour se retrouver, au-delà des frontières, de l'imagination, pour se retrouver» et le public lui, complétait à l'aide de «lalala» chuchotés; comme sur l'originale. Les valves n'ont pu retenir le flux. Je me suis donné le droit, celui dont tu me parlais, d'être anéantie au milieu d'une foule effervescente. Ça m'a apaisée; étrangement.

[Dans l'ordre; Je ne sais pas, J'erre, Dans un rétroviseur, Un train dans la nuit, Capitale du monde, Berlin, Le futur, Un jour sur terre, Nébuleuse, L'amour en fuite, Le bonheur, Au gré des saisons, 13, Quelque part, Alors alors, Tu m'aimes ou tu mens, Linoléum, Miss Ecstasy, Vénus, Passer à l'Ouest]

J'avais envie de te partager tout cela, sans attentes ni arrière-pensées, avant d'entamer l'hibernation. La musique aura été l'un des principaux canaux de cet amour que nous avons consumé.

Notre complicité musicale restera; peu importe.

26 août 2009

EVERYTHING IN IT'S RIGHT PLACE.

Hier, peu avant midi, j’ai fait la lecture de , extrêmement bien ficelé, annonçant la sortie de l’édition spéciale de collection du 4e album studio de Radiohead, Kid A.


Rob Mitchum y pose un constat au sujet de la version originale (parue en octobre 2000) qu’il considère comme étant l’une des dernières perles musicales à avoir été consommée intégralement et physiquement. C’est-à-dire à avoir été acquis, contre de l’argent, par désir de posséder le disque, l’objet en tant que tel, par les adeptes du groupe. Il ajoute que l’album, pour être apprécié à sa juste valeur, se doit d’être honoré à l’état matériel, ne serait-ce que pour le travail graphique troublant de cet opus, conçue par Stanley Donwood; graphiste officiel du groupe.

Cette lecture m’a remémoré ma découverte du dit groupe, qui fut un véritable chamboulement auditif et émotionnel; origine de mon amour tangible pour la musique.

- - -

J’avais 12 ans et chaque soir à 18h, je m’enfermais dans ma chambre pour écouter les « 6 à 6 », à l’antenne de la radio montréalaise CKOI, armée d’une cassette et d’un magnétocassette; prête à enregistrer les nouvelles apparitions dans ce palmarès qui, en 1995, était composé principalement de dance et d’alternatif.

Le titre High and Dry, de leur 2e album The Bends, demeura dans le palmarès quelques semaines. Une fois capturée (par une pression agile sur la touche ‘’REC’’ qui fonctionnait une fois sur deux), j'ai écouté la pièce à répétition durant plusieurs semaines sans m'en lasser. J'aimais la voix de Thom, aiguë par moment, l'introduction de la batterie, la guitare...

Trottant un peu partout, mon walkman General Electric solidement fixé à la taille; j’essayais de comprendre les paroles moi qui, à l’âge de douze ans, n’avait que 6 mois de bain linguistique en anglais derrière la cravate.

Je n'ai jamais demandé à mes parents de me procurer le disque. L'animateur de radio n'avait pas mentionné le titre de l'album; seulement la pièce. Je ne voulais pas les embêter avec ça; mes soeurs et moi étions raisonnables pour ce genre de trucs. Je me suis donc contenté de cette pièce longtemps... rappelons qu'Internet n'avait toujours pas fait son intrusion au sein du nid familial.

Plus tard, à 15 ans, le vidéoclip Karma Police eut un effet dévastateur. Je ressentis un grand malaise; une émotion vive qui m'était alors étrangère. J'étais à la fois fascinée et troublée par ce que j'avais vu/entendu (d'où l'importance du vidéo; parfois). Dommage que la chaîne musiqueplus ne soit plus ce qu'elle était jadis...

Cette fois-ci, je me procurai l'album... illégalement; je l'avoue. À l'heure où les graveurs faisaient leur apparition, où le piratage n'était pas tout à fait un fléau, et où je gagnais 3$ de l'heure à garder des enfants... C'est via le réseau de discussion mIRC, sur des salons d'échanges tel que #mp3passion, que j'ai téléchargé les pièces de leur 3e album, Ok Computer, une à une. L'opération s'est échelonnée sur plusieurs semaines; le temps de téléchargement d'un titre pouvait durer plus de deux heures, ou plus si Internet plantait à 90% du téléchargement... Après quoi fallait-il encore que le graveur fasse son travail convenablement... En y repensant; je ne regarderai plus ma copie de la version physique et originale d'Ok Computer de la même façon...

Somme toute, j'ai dévoré l'album (piraté oui), en boucle, non-stop, continuellement pendant des mois et des mois... Analysant les textes et la lourdeur de leurs propos, amplificateurs de ma déprime de l'époque; adolescence oblige...

C'est à 17 ans que j'achetai mon premier album de Radiohead, Kid A, quelques mois après sa sortie (tout cela pour en revenir au point de départ de cette missive me direz-vous...).

7 août 2009

PETITE MUSIQUE DE PLUIE.


Monsieur Mono est triste.
Son dernier album Petite Musique de Pluie aussi.
Et moi; aussi.

- - -

Un ciel de pluie

c'était un temps de grand malaise; de coeurs serrés
les restes dorés de l'amour couvraient le sol depuis des jours
comme si les brumes d'un mauvais rêve s'accrochaient à tes pieds
quand la noirceur n'en finit plus de s'étirer...

le ciel de pluie; un ciel de mort / un ciel de nuit qui tombe encore
un ciel de pluie; un ciel de mort / un ciel de nuit qui tombe encore

quelqu'un dans la pièce à côté avait quelque chose à chanter
et chantait aussi mal que fort mais son malheur résonne encore
comme un acteur dans un décor inhabité
j'ai pris les mots de sa chanson; enlevé le sens gardé les sons.

le ciel de pluie; un ciel de mort / un ciel de nuit qui tombe encore
un ciel de pluie; un ciel de mort / un ciel de nuit qui tombe encore

enfermé seul dans cette chambre je peux rêver
que tu es là que tout est bien
que tout est comme avant

que tu es là que tout est bien
que tout est comme avant

que tu es là que tout est bien
que tu es là que tout est bien

le ciel de pluie; un ciel de mort / un ciel de nuit qui tombe encore
un ciel de pluie; un ciel de mort / un ciel de nuit qui tombe encore

- - -

Il m'a inspirée.

J'ai voulu avoir la mienne.
Ma petite musique de pluie.

J'ai repêché ces photos.
Que j'ai capturées, un jour de juillet.
Saison des pluies.

Et y ait ajouté ces chansons;
qui figurent dans ma liste de lecture personnelle.
Qui se prête si bien; aux journée de pluie.

Ou de météo interne embrumée.

Monsieur Mono - Ciel de Pluie.

My Brightest Diamond - Ice and Storm.

Mara Tremblay - Devant L'Orage & Le Bateau.

Dumas - Linoléum.

Bat For Lashes - Sad Eyes.


Broken Social Scene - Lover's Spit.

The Dears - We Can Have It.

Björk - Pagan Poetry.

Cocorosie - Not For Sale & Candy Land.

Tori Amos - Horses.

Émilie Proulx - Des Horreurs Au Hasard.

Marianne Faithfull - There Is A Ghost

Marie-Pierre Arthur - Qui Sait.

Mari-Jo Thério - Le Chant d'Hélium.

Sigur Rós - Sæglópur.

The National - About Today.

PJ Harvey - The Darkest Day Of Me And Him.

Radiohead - Videotape & How To Disppear Completely.

Yann Tiersen - Sur Le Fil.

- - -


Je prends des vacances.